du cardinal MAZARIN au baron de PENACORS
Mazarin12
Bibliothèque des affaires étrangères
France 887
Folio 233 N° 122
le 7 oct 1652
à Mr de PENNACORS de Bouillon
J’ay reçeu vostre lettre du vingt neuvieme
septembre. J’ay eu desplaisir extrème que Madame la princesse Palatine
soit malade particullierement dans cette conjoncture cy où elle pourroit
agir si utilement, je vous confirme ce que je vous ay écrit il n’y
a que deux jours que j’ay autant de passion que vous que les choses aillent
de la manière que vous souhaitter, mais qu’il est bien juste qu’ayant
donné tant dessus j’en recoive quelques vues.
Je ne puis pas croire qu’à la cour on ayt manqué de confiance
pour Monsieur le Cardinal de Retz après avoir sceu de quelle manière
Monsieur Servien et Monsieur le Tellier ont traitté avec luy par ordre
de leurs maiestres, et pour moy je ne luy ay tesmoigné aucune méffiance
puisque je n’ay rien cachée icy de tout ce que j’ay seur
à messieurs de Noirmoutier et de Bussy, et vous pouvez bien juger que
je n’en aurois pas usé ainsy, si je n’avois en dessein qu’il
en fust informé mais je vous replique qu’il fault qu’il fasse
reconnoistres pour le service du roy dont il ne manquera pour à présent
d’occasions.
Quand vous aurez quelque chose d’important à dire vous pourrez
vous addresser à M. Servien ou à Monsieur Le Tellier qui vous
feront voir la reyne si vous voulez ; et pour eux je vous asseure que vous les
trouverez fort bien intentionner tous d’eux n’ayant tesmoigné
depuis leurs dernieres conférences avec M. le cardinal de Retz qu’ils
les serviroient volontiers s’il leur en donnoit les moyens.