du cardinal MAZARIN au baron de PENACORS
Mazarin6
Le 23 novembre 1651
Croyant que mes lettres vous trouveroient parti de Paris, je n'ai pas fait
réponse à celle que vous avez écrites par la voie de Monsieur
de Rouville, et quoique par la vôtre du dix-huit vous me mandiez que tout
aussitôt que la personne auroit reçu des nouvelles, on prendrait
des résolutions et vous en viendriez, et aussi qu'on m’écrive
de la cour qu'il en partiroit quelqu'un infailliblement le dix-huit de ce mois,
je hazarde ce petit mot afin que si vous êtes encore à Paris, vous
ne soyez pas en peine de ce que sont devenues vos lettres, et pour vous dire
que, quand nous serons ensemble, je me conduirai pour faire réussir l'affaire
qui vous regarde ainsi que vous me direz, souhaitant avec une extrême
passion de vous donner quelque marque de mon affection, et comme l'affaire ne
court aucun risque, il n'importe pas qu'on diffère en douze ou quinze
jours afin de prendre mieux les mesures pour en pouvoir venir à bout.
La personne n'aura pas grande peine à croire qu'il n'y a qui que ce soit
qui attende avec plus d'impatience que moi de voir prendre quelques résolutions,
j'espère que ce sera promptement, et vous prient de l'assurer de mon
très humble service, somme aussi MM. de Noirmoutier et de Bussy-Lamet.
Je remets à vous entretenir au long de vive voix lorsque j'aurai le bien
de vous voir.