du cardinal MAZARIN au baron de PENACORS
Mazarin7
De Vierzon le 22 janvier 1652
.... Je vous prie de bien remercier la personne qui, en me confirmant par votre moyen les assurances de son amitié, me donne les conseils d’agir à Rome et de la manière qu’on se doit conduire avec le clergé. Je les suivrai avec beaucoup de plaisir, et vous m’en ferez un très grand, si vous prenez la peine de dire à M. de Coutance comme il devra agir avec les prélats qui sont à Paris. Je leur ai écrit une lettre circulaire pour leur donner part de mon retour en France et de ce que le Parlement a fait contre moi. Je n’en ai pas envoyé pour Monsieur le coadjuteur, afin qu’il parût par là que nous n’avons aucune correspondance ensemble. Mais s’il le jugeoit à propos autrement, vous n’aurez qu’à le dire à Monsieur de Coutance, qui remplira une de celles qu’il a en blanc. Au reste, rien n’est capable de me faire concevoir la moindre méfiance de sa personne, après les choses que la Princesse Palatine m’a mandées et celles que vous et M. l’abbé Fouquet m’avez dites de sa part. On a beau m’écrire, comme on fait continuellement, qu’il est accommodé avec Monsieur de Chavigny, tantôt qu’il l’est avec Monsieur de Beaufort, et qu’il a donné les mains à sa réconciliation avec M. le Prince, et enfin qu’il est le principal instrument de tout ce que Monsieur le duc d’Orléans fait contre moi, car je vous proteste que je lis tous ces avis comme je pourrois faire des romans, et je me tiens plus assuré et plus persuadé que jamais de mon amitié, et qu’il ne perd aucune occasion de s’employer adroitement à mon avantage. J’espère qu’il le pourra faire bientôt plus utilement et plus ouvertement, si Chavigny et Longueil exécutent les ordres qu’ils recevront, dans quatre ou cinq jours, d’aller à la Cour, ainsi qu’on m’assure que leurs majestés avoient résolu.